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Profil - Le chat qui venait du ciel

Posté par 4444 le 20/07/2022 pour le secteur LIRE
🌍 Article public ⸱ Validé par n°4444 ⸱ 107 lecteurs




[Épitomé]

«Voici un roman touché par la grâce, celle d’un chat « si petit et si frêle qu’on remarquait tout de suite ses oreilles pointues et mobiles à l’extrême ».
Quand un jeune couple emménage un jour dans le pavillon d’une ancienne demeure japonaise, il ne sait pas encore que sa vie va s’en trouver transformée. Car cette demeure est entourée d’un immense et splendide jardin, et au cœur de ce jardin, il y a un chat. Sa beauté et son mystère semblent l’incarnation même de l’âme du jardin, gagné peu à peu par l’abandon, foisonnant d’oiseaux et d’insectes. Tout le charme infini de ce livre tient dans la relation que le couple va tisser avec ce chat qui se fond dans la végétation exubérante pour surgir inopinément, grimpe avec une rapidité fulgurante au sommet des pins gigantesques, frappe à la vitre pour se réconcilier après une brouille. Un charme menacé, car ce qui éveille en nous la beauté et appelle le bonheur est toujours en sursis...

Hiraide Takashi, qui est avant tout poète, a insufflé une lumineuse et délicate magie à cette histoire du « chat qui venait du ciel », son premier roman, largement autobiographique.»


[Avis]

Une histoire pleine de délicatesse et de poésie qui nous raconte, à travers un axe autobiographique, l’histoire d’un couple emménageant dans un pavillon d’une ancienne demeure japonaise et qui y découvre un chat rythmant leur vie. J’ai particulièrement apprécié la lecture de ce livre, dont le récit émotif m’a inspiré et m’a donné l’impression que l’auteur était connecté à lui-même par l’intermédiaire de la nature.
On y retrouve comme à l’accoutumée, les éléments qui font de la littérature japonaise, un bijou délicat et enchanteur ; la nature y est représentée avec le jardin, les insectes, et le chat, forme de bonheur pour le couple, à travers un questionnement sur ce qui nous appartient ou non. On y retrouve d’autres éléments tels que l’orientation des points cardinaux qui accentuent l’effet du temps, de la vie qui s’y joue ; le temps qui passe, qui s’écoule, s’égrène, est bien omniprésent. Et dans ce temps, il y a le lien délicat et affectueux qui se crée avec le chat sorti de nulle part. Une histoire onirique, tendre, contemplative et méditative qui donne à réfléchir. J’ai passé un moment particulièrement agréable et je conseille la lecture de ce bouquin aux amoureux des chats. Même si cette phrase, je l’avoue, est ici hautement séditieuse.

[Citations]

■ "Un jour, à la fin du mois d’août, j’ai découvert sur la perche le jeune insecte encore bleu vif, la queue renversée, qui formait un ovale déformé avec une libellule jaune. Je me suis approché et, sans détruire leur forme, ils se sont envolés pour s’installer à l’extrémité d’une branche d’arbre à l’ouest. Je suis allé plus près pour les observer, le cœur ovale s’est de nouveau élevé haut dans le ciel".

■ "Les chats n’abandonnent leur cœur qu’à leur maître, révèlent leur splendeur à lui seul".

■ "Une grive s’envola du sommet de l’orme de la maison voisine à l’est, fit entendre son cri strident et s’enfuit. Surprise, la libellule s’éloigna du doigt, tournoya quelques instants haut dans le ciel au-dessus du jardin. J’ai continué à pointer le doigt vers le ciel, et j’ai attendu. Bientôt, après avoir voltigé à deux mètres environ au-dessus de ma tête, elle revint se poser sur mon doigt, comme pour d’y installer".

■ "A première vue, c’étaient des lambeaux de nuages qui flottaient. Indécis, ils se balançaient doucement de gauche à droite, au gré du vent".


[Références]
Le chat qui venait du ciel. Takashi Hiraide. Traduit par Suetsugu Elisabeth. Littérature japonaise. Édition Philippe Picquier. 2006. 130 pages. ISBN : 9782877308717. Prix : 6 euros.

[Sources et crédit image]
© Edition Picquier

13 commentaires
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Alors écrit par un poète japonais, une histoire de chat...

Échec et mat

Après "Et si les chats disparaissaient du monde" de Genki Kawamura

Après "Abandonner un chat" de Haruki Murakami (où le chat n’est que prétexte)

Et là en parcourant nos livres qui sont rangés de manière tellement chaotique (à la fois par thème, par auteur, par genre et même pr tailles)

Bah j’en ai une jolie édition illustrée qui me fait signe...

Première lecture prévue pour après Blackwater (dont il me reste 5 tomes)
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J’attends la sortie en poche pour le Murakami. Genki Kawamura, pas lu, mais je vais le noter sur ma liste :)
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Quand je l’ai acheté le Kawamura était en rupture partout, j’ai trouvé un exemplaire d’occasion venant d’une bibliothèque d’après le sticker sur la tranche. J’ignore s’il a été ré tiré depuis.
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J’ai lu "Mémoires d’un chat" d’Hira Harikawa et c’était pas mal, bien que triste. Par contre, largement différent du chat qui venait du ciel.
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J’ai l’impression, peut-être à tort, que dans imagerie japonaise... Le chat est tellement porteur de bonheur d’une part et visiteur presque extra terrestre de notre monde (comme chez nous d’ailleurs mais de manière encore plus exacerbée) que les auteurs ont une forte tendance à dépeindre des drames ou à tout le moins une profond nostalgie/mélancolie en parlant d’eux. C’est beau, c’est doux mais qu’est-ce que c’est triste
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Un bel article une fois de plus.
Je trouve la culture japonaise vraiment raffinée et souvent sous côtée !!
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C’est à double tranchant. Parce que niveau pression sociale, obligations et conformisme social, ils sont très oppressifs pour le coup. La littérature japonaise, du moins, celle contemplative et/ au ralenti, me donne toujours cette sensation que les auteur.ice.s tentent à sortir du carcan imposé. Après, je me trompe peut-être.
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Ça se tient, je n’avais jamais vu ça autrement que de la réserve culturelle mais en fait oui, je présume qu’il doit y avoir au moins une partie des auteurs japonais qui cherchent à s’affranchir de ce qui serait plutôt un comportement forcé qu’un réel choix. Merci pour la piste à creuser
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Je pense, et je m’avance peut-être, que la majorité des japonais sont vraiment attachés à leurs traditions. Maintenant c’est pas impossible que certain(e)s nagent a contre courant …

Mais en partant du principe que ça ne soit pas spécialement bien vu, seraient-ils/elles publier ?
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Oui, la fille de la supérette en est justement un bon exemple :)
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Par des éditeurs eux aussi à contre courant sans doute oui, doit y avoir un public, peut être pas essentiellement nippon lui par contre
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Ooooh merci pour cette présentation de livre. Je le lirai. :-)

J’aime beaucoup les multiples façons dont les japonais abordent les liens entre la nature et les humains dans leurs oeuvres. Et aussi la multitude d’esprits de la nature qu’ils nous proposent. ^.^

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C’est l’influence du shintoïsme :)
(Vous n'avez pas (encore) les droit necessaire pour répondre à cette article)
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